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Pourquoi tu vois ça, comprends ça, et moi pas ?
Comment prendre de meilleures décisions en communication visuelle malgré nos perceptions subjectives.
Quoi qu’on en pense, nous ne sommes pas totalement maîtres à bord : notre cerveau a son propre fonctionnement, et lorsqu’une couche émotionnelle intervient, la réalité devient encore plus floue.
Je l’ai compris lors d’un jeu d’équipe : un Blind Test de répliques de films. Pour la plupart des participants, la reconnaissance se focalisait sur les mots de la réplique, alors que pour moi, c’était la voix des acteurs qui m’a aidé à l’identification.
Nos perceptions sont directement liées à notre intelligence émotionnelle, à notre vécu et à notre environnement immédiat. Savoir que notre perception est loin d’être universelle est une force pour nos décisions.
Une histoire de raccourcis mentaux inconscients ( biais cognitifs)
LE BIAIS DE CONFIRMATION
C’est le premier filtre : nous utilisons notre propre vécu et nos connaissances pour confirmer nos croyances. Souvent, nous avons ce réflexe de nous entourer de personnes qui pensent comme nous, et c’est là le réel danger.
↳ Phrase témoin :
"J’ai la certitude que c’est comme ça… "
↳ Cas concret :
Croire qu’utiliser la couleur dominante des logos de la concurrence est une bonne idée car elle semble « universelle » pour le secteur, alors que cela nous mène à négliger l’importance de nous démarquer pour entrer dans un moule.
L’EFFET HALO
L’effet halo intervient dans nos jugements et opinions. Si quelqu’un s’exprime avec assurance, a de la notoriété ou est perçu comme un expert dans un domaine précis, nous nous y fions sans vérifier.
Cela fonctionne aussi pour une marque, ou aujourd’hui avec l’IA.
↳ Phrase témoin :
« C’est lui l’expert », « C’est une intelligence artificielle, c’est de la technologie de pointe, l’humain ne fera pas mieux. »
↳ Cas concret :
Un entrepreneur crée un logo avec l’IA, le trouve magique et rapide, et valide ce rendu comme « pro » simplement parce qu’il est fait par la technologie.
LE BIAIS DE NORMALITÉ
Celui-là nous pousse à devenir sourds ou aveugles : nous faisons des raccourcis dans nos affirmations en pensant que le futur sera identique au passé.
↳ Phrase témoin :
« Nous avons toujours fait comme ça, donc c’est juste », « On voit ça partout. »
↳ Cas concret :
Le plus courant est de ne rien vouloir changer, de garder le logo familial ou de suivre la tendance sans se poser de questions.
LE BIAIS ÉMOTIONNEL
Il vient court-circuiter notre raisonnement logique. Face à la surprise, au dégoût ou à la peur, une réaction vive se déclenche et met notre sens critique en veilleuse.
La décision va se baser sur l’affect "j'aime / je n'aime pas", plutôt que de se questionner sur des faits concrets : "Ce logo remplit-il les objectifs de la marque ?".
↳ Phrase témoin :
« C’est moche ! », « Comment est-ce possible ! », …
↳ Cas concret :
Une personne réagit par un dégoût face à une proposition de logo en s’écriant : « C’est moche ! ». La réaction est si brutale que, au lieu d’aller creuser plus loin, le groupe abandonne.
Chacun sa perception
Il est clair que chaque individu a sa propre perception. Ce que l’on perçoit comme efficace et percutant ne le sera sans doute pas pour d’autres. Un logo peut susciter des émotions et des réactions diverses selon les individus.
En prendre conscience peut nous aider à prendre du recul et à porter un regard différent.
Qui fait quoi quand ?
Le réflexe est souvent de contacter le créatif avec l’idée fausse que partir avec une page blanche est la meilleure idée pour sa créativité. Avec tout ce que j’ai cité ci-dessus, j’espère vous avoir éclairé sur l’importance du travail en amont à effectuer avant de contacter le créatif.
Préciser les valeurs, la vision et la mission du projet ou de l’entreprise avant de se lancer dans la conception d’un logo est une évidence, sans négliger le public cible : sa localisation, sa langue, son âge, etc.
Définir toutes ces balises est précieux pour avancer dans la bonne direction.
Viendront ensuite la question des supports et des formats.
Et seulement après, la création pourra se mettre en route, en tenant bien compte de tous nos raccourcis mentaux pour éviter de se limiter à des idées préconçues.
J'ai conçu 3 outils qui accompagnent la réflexion derrière la conception d'un logo :
- Identifier valeurs/ vision/ mission
- Choisir un nom pour sa marque
- En amont de la conception
Un travail d'équipe
Et oui, c’est un fameux travail qui demande l’implication de chaque intervenant. C’est l’intelligence collective qui accompagnera le mieux la finalisation du projet.
La création d'identité ne se résume pas à l'esthétique, c'est une gestion des risques cognitifs. Un créatif n’est pas un exécutant, c’est le gardien de la stratégie qui utilise des outils de cadrage (briefs, tests, audit culturel) pour neutraliser les biais inconscients (confirmation, halo, émotion) du client et de la cible, afin de livrer une marque qui fonctionne réellement sur le marché, et pas seulement sur l'ego du décideur.
Voilà pourquoi tu vois ça, comprends ça, et moi pas et c'est ok !
Tu n'as pas besoin de voir les choses comme moi. Tu as besoin de comprendre ce que ta communication doit faire voir, comprendre et ressentir. C'est là que je peux t'accompagner.
Quel que soit ton projet, je te propose la solution qui répondra à ton besoin en veillant à tes ressources et ton environnement de travail.
Je te propose de faire entrer ☀️ du soleil ☀️ dans ta communication.
Sources utiles :
Analyzing the Role of Gestalt Elements and Design Principles in Logo and Branding
Daniel Kahneman - Système 1 / Système 2 - Les deux vitesses de la pensée